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Pourquoi intégrer le BIM dès la conception d'un projet architectural ?

Le BIM est souvent introduit trop tard, en phase PRO ou EXE, quand la géométrie est figée. Engagé dès l'esquisse, il devient un outil de conception plutôt qu'un outil de production.

Pourquoi intégrer le BIM dès la conception d'un projet architectural ?

Le BIM ne commence pas au chantier

Dans de nombreux projets, le BIM est encore perçu comme une étape de production : on modélise le bâtiment, on extrait des plans, puis on transmet la maquette aux différents intervenants.

Cette vision est trop limitée. Le BIM prend réellement sa valeur lorsqu'il intervient dès les premières phases de conception, au moment où les choix architecturaux, techniques et fonctionnels sont encore suffisamment souples pour être ajustés.

À ce stade, la maquette numérique ne sert pas uniquement à représenter le projet. Elle devient un support de réflexion, de vérification, de coordination et de décision. C'est précisément cette anticipation qui permet de mieux maîtriser les conséquences des choix effectués pendant la conception.

Une maquette qui accompagne la décision

Une maquette BIM correctement structurée ne se contente pas de représenter des murs, des portes ou des équipements en trois dimensions. Elle associe à la géométrie des informations utiles au projet : dimensions, matériaux, caractéristiques des éléments, quantités, niveaux, relations entre objets, etc.

Le projet devient ainsi progressivement une représentation numérique cohérente de l'ouvrage. Cette logique rejoint la définition du BIM comme processus de création et de gestion des informations relatives à un actif bâti, et non comme simple production d'une maquette 3D.

Pour l'architecte ou le maître d'œuvre, cela permet notamment de tester plus tôt différentes hypothèses : modifier une distribution, vérifier les dimensions d'un espace, contrôler les hauteurs et les niveaux, comparer plusieurs solutions techniques, faire évoluer les matériaux, analyser les incidences d'une modification, produire des documents cohérents à partir du même modèle.

La décision n'est donc plus uniquement prise à partir d'un dessin isolé. Elle peut être examinée dans le contexte global du projet.

Détecter les problèmes avant qu'ils ne deviennent coûteux

L'un des intérêts majeurs d'une démarche BIM est l'anticipation. Plus un problème est découvert tardivement, plus sa correction peut devenir complexe : modification de plans, reprise d'études, coordination entre intervenants, adaptation des quantités ou, dans certains cas, modification directement sur chantier.

À l'inverse, une anomalie identifiée pendant la conception peut généralement être traitée alors que le projet est encore en phase d'étude. C'est particulièrement important lorsque plusieurs disciplines interviennent simultanément.

Architecture, structure, CVC, plomberie, électricité, sécurité incendie ou aménagement intérieur doivent pouvoir cohabiter dans un même projet sans créer de contradictions. Le BIM facilite cette coordination en permettant de travailler autour d'informations structurées et partagées. Les bonnes pratiques de gestion de l'information promues par l'ISO 19650 visent justement à améliorer la collaboration et la cohérence des informations tout au long du cycle de vie du projet.

Des quantités et des estimations mieux maîtrisées

La maquette numérique peut également devenir un support pour l'analyse quantitative du projet. Lorsque les objets sont correctement modélisés et renseignés, certaines informations peuvent être exploitées pour produire des quantités ou alimenter des estimations.

Cela ne signifie pas que la maquette remplace le travail d'un économiste ou d'un métreur. Elle permet plutôt de disposer d'une base d'information plus structurée et plus facilement actualisable lorsque le projet évolue.

Une modification de conception peut ainsi être répercutée dans les documents et les données associées, à condition que la maquette et les processus aient été correctement construits. Le ministère français chargé de la construction souligne notamment l'intérêt de la maquette numérique pour améliorer la qualité des estimations et faciliter le réajustement des coûts au fil des phases de conception.

Un langage commun entre les intervenants

Un projet architectural implique rarement une seule personne. Architectes, bureaux d'études, économistes, entreprises, maîtres d'ouvrage et autres spécialistes doivent échanger en permanence.

Le problème n'est donc pas seulement de produire de l'information. Il est aussi de produire la bonne information, au bon moment, dans un format compréhensible et exploitable. C'est l'un des enjeux fondamentaux d'une démarche BIM.

Une maquette correctement structurée peut devenir un référentiel commun permettant aux différents intervenants de mieux comprendre le projet et ses évolutions. Cette logique de collaboration et de gestion commune de l'information constitue d'ailleurs l'un des fondements de l'approche ISO 19650.

Le BIM ne remplace pas l'architecte

Il est important de le rappeler : le BIM ne conçoit pas le projet à la place du concepteur. La maquette ne décide pas de la qualité architecturale d'un espace. Elle ne remplace ni la sensibilité, ni l'expérience, ni la compréhension du contexte, ni la capacité à arbitrer entre des contraintes parfois contradictoires.

Son rôle est différent. Elle donne au concepteur un environnement plus structuré pour tester, comprendre et documenter ses décisions. La technologie devient alors un moyen au service du projet, et non une fin en soi.

Commencer tôt, mais commencer correctement

Intégrer le BIM dès l'esquisse ne signifie pas nécessairement produire immédiatement une maquette extrêmement détaillée. Au contraire, le niveau de développement doit être adapté à la phase du projet et aux besoins réels des intervenants.

L'enjeu consiste à faire évoluer progressivement la maquette avec le projet. Une bonne démarche BIM repose donc autant sur la gestion de l'information et la coordination que sur la modélisation elle-même.

C'est cette approche qui permet d'éviter un écueil fréquent : produire une belle maquette 3D qui contient finalement peu d'informations réellement utiles.

Le BIM comme outil de maîtrise du projet

Intégré dès la conception, le BIM permet de rapprocher plusieurs dimensions du projet : la géométrie, les données, les documents, la coordination et la décision. C'est cette continuité qui fait sa véritable valeur.

Pour une agence d'architecture ou un bureau d'études, l'objectif n'est donc pas simplement de « faire du BIM ». Il s'agit de mettre en place une méthode permettant de mieux concevoir, mieux coordonner et mieux transmettre l'information.

Chez KHD Concept, cette approche constitue le lien entre modélisation, architecture et coordination technique : la maquette n'est pas seulement une représentation du projet. Elle doit devenir un outil de travail utile à ceux qui le conçoivent et le construisent.

En résumé

Intégrer le BIM dès la conception permet notamment de : mieux visualiser les choix de conception ; anticiper certaines incohérences ; faciliter la coordination entre disciplines ; structurer les informations du projet ; exploiter plus efficacement les quantités ; limiter les ressaisies ; accompagner les décisions tout au long de la conception.

Le véritable intérêt du BIM ne réside donc pas dans le fait de produire une maquette numérique. Il réside dans la capacité à utiliser cette maquette pour prendre de meilleures décisions, plus tôt.

Sources : ISO — BIM et gestion de l'information ; BSI — ISO 19650 ; Ministère français de la Transition écologique — BIM et maquette numérique.

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